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LIFESTYLE | Mes études et moi : Retour sur un échec et sur l’orientation

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2009. Année du bac, pour ma part, et de l’orientation. Mon choix est clair dans mon esprit : je veux faire du droit. Les matières ont l’air passionnant et de nombreuses débouchées m’intéressaient. Je me rêvais déjà avocate, juge… Je me voyais ténor du barreau…

Première année de droit et premier échec. Redoublement à 0.4 points près. Découverte de l’univers de la faculté : se rendre compte du caractère plutôt aléatoire des notes, le travail qui n’est pas toujours forcément gratifié, de cette mentalité si particulière de certaines universités. Je refais les trois matières qui me manquaient et je passe enfin en deuxième année.

Rebelote. Redoublement à 0 et quelques centièmes de points près. A chaque fois, je ne me prenais quasiment aucune réelle taule. Je refais ma deuxième année et tout part en vrille. Je tombe en dépression et on me déclare en début d’anorexie. Comment ai-je fait pour en arriver là ? A me laisser totalement aller ? A passer mes journées au fond de mon lit, sans plus aucune envie ? Je n’avais plus aucun rêve d’avenir, je voulais juste survivre à cette nouvelle année à l’université. Cette dernière ainsi que les profs ont réussi à totalement me dégoûter de ces matières que j’appréciais réellement et dont je voulais en faire mon métier. J’ai tout de même validé cette deuxième année mais j’ignore encore comment.

large (60)La question s’est posée de savoir si j’allais continuer avec la troisième et dernière année. Je ne voulais pas mais qu’allais-je bien pouvoir faire ? Dans quelle filière me réorienter ? Mes parents m’ont convaincu de poursuivre, de tenter de décrocher ce diplôme tant convoité mais plus autant désiré. J’ai accepté, tout en posant une condition : changer d’université; ne plus rester à Strasbourg.

J’ai donc fait ma troisième année sur Lyon et ce, pour diverses raisons. Elle fut marquée par diverses questions car il était clair et net que je ne ferai pas de master. Je ne voulais plus travailler que purement dans du droit. L’université de Lyon III proposait des ateliers d’orientation et je me suis dit pourquoi pas ? C’est toujours bon à prendre et, finalement, ils m’ont tout de même beaucoup aidé. J’ai ainsi pu déterminer mon profil, mes qualités, mes centres d’intérêts, quel genre de métiers je voulais faire (routinier ou non, en extérieur ou en intérieur…). A 23 ans, on se connaît déjà mieux qu’à 18. Je sais déjà un peu plus ce que je veux.

J’ai commencé à mûrir un nouveau projet d’orientation, quelque chose qui me correspondait mieux. C’est un métier qu, je m’en rends compte maintenant, j’avais en tête mais de manière inconsciente. Le déclic s’est produit lors d’un reportage sur l’exposition Cartier. Un commissaire priseur était interviewé et je me suis dit que c’était ça le métier que je voulais exercer. Il y avait encore du droit et je n’avais pas ainsi l’impression d’avoir totalement perdu cinq années de ma vie à tenter d’obtenir un diplôme qui me serait inutile.

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Cela pose également le problème, à mon avis, de l’orientation en France et celui du droit à l’erreur. 18 ans, c’est peut-être un peu trop jeune pour déjà savoir ce qu’on veut faire plus tard. J’admire ceux qui ont une vocation, comme mes petites sœurs, pour tel ou tel métier. J’ai dû attendre d’avoir 23 ans pour savoir exactement ce que je veux faire. J’ai également dû accepter de m’être peut-être trompée. Je me demande comment peuvent réagir mes futurs employeurs à ces échecs répétés et je ne suis pas la seule à me poser cette question. Je m’en suis rendue compte en discutant avec des amis étudiants. Comment justifier le fait que j’ai mis cinq ans pour décrocher une licence de droit (je peine encore à y croire d’ailleurs) ?

L’orientation se fait aussi souvent en fonction des notes et des débouchées, malheureusement. En troisième, je désirais ardemment être fleuriste mais avoir 14 de moyenne et choisir une telle orientation étaient impensables pour mes professeurs. J’ai donc choisi la voie de la sagesse et un lycée général. Le dernier reproche que je fais à l’orientation est que, d’une région à l’autre, l’offre de formation n’est pas du tout la même. J’ai appris il y a quelques mois que Lyon proposait une double formation droit et histoire de l’art qui n’existe absolument pas à Strasbourg. Elle m’aurait sûrement bien mieux convenu que du droit pur.

Qu’en est-il aujourd’hui ? Je poursuis mon projet d’orientation, je le construis petit à petit. Dans quelques jours, je vais faire ma rentrée en première année d’histoire de l’art. Je suis à la fois terriblement excitée et nerveuse. Je me demande encore si je fais le bon choix, n’ayant pas encore retrouvé totalement ma confiance en moi et en mes choix. Mais j’y travaille. Je fourmille de projets et d’idées. Je vais mieux.

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10 réflexions au sujet de « LIFESTYLE | Mes études et moi : Retour sur un échec et sur l’orientation »

  1. Je suis tellement heureuse de voir que tu vas mieux. J’espère vraiment que tu vas t’épanouir dans cette nouvelle formation qui te correspondra peut-être mieux. C’est sûr que 18 ans, c’est tôt pour savoir ce que l’on veut faire de sa vie. Mais quand je vois qu’en Allemagne, à 10 ans, les enfants sont envoyés soit au Gymnasium, soit en écoles professionnalisante, je me dis que c’est encore plus grave ! L’important est que tu t’épanouisses aujourd’hui :).

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    1. Lyon m’a fait énormément de bien. J’ai dû apprendre à me gérer moi-même et je me suis fait des amis merveilleux qui m’ont beaucoup aidé. Je suis impatiente de commencer cette nouvelle formation.

      En Allemagne, c’est absolument incroyable. Je connais des personnes qui se sont mises à réellement travailler seulement au lycée ou après la fac. Surtout quand ils ont commencé à étudier des choses qui les intéressaient réellement. A 10 ans, tu peux encore te réveiller et apprécier d’étudier. A cet âge-là, tu penses encore à jouer.

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  2. C’est vrai que ce n’est pas facile de savoir ce que l’on veut faire dans la vie et j’envie aussi les gens pour qui c’est une évidence! Je suis contente que tu aies trouvé. Bon courage pour cette nouvelle année, j’espère que tu y trouveras ton bonheur!

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  3. J’en suis sure que 2014 est ton année ! Courage, la confiance va revenir petit à petit ! Histoire de l’art, c’est savoir bien ouvrir ses yeux, bosser à coté et apprendre les bases ! Dis donc que c’est plus concret que du droit 😉
    Courage miss : yes you can !

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    1. Pour le moment, 2014 semble, en effet, être mon année ! J’ai réussi à décrocher une licence de droit alors que je n’y croyais plus, je recommence à avoir plein de projets et je suis impatiente de commencer les cours. Merci pour tes encouragements !

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  4. Je me reconnais vraiment dans ton article. J’ai eu aussi une orientation très compliquée avec des périodes où je n’étais vraiment pas bien et totalement perdue. Maintenant, j’essaye de relativiser et d’avancer pas à pas sans me donner aucune pression. Mon seul objectif est de travailler dans un domaine qui me plait et d’étudier autant que je peux !
    J’espère que ta première année d’art te plaira. C’est marrant de commencer son année en décembre l’année ! J’espère que tu seras épanouie en tout cas. Et je suis totalement d’accord, il y a beaucoup de choses qu’il faudrait revoir en France au niveau de l’orientation surtout pour les personnes indécises (dont je fais partie ^^).

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    1. L’article date de Septembre, je l’avais publié juste avant la rentrée sur l’autre blog et, le trouvant intéressant, j’ai décidé de le reprendre ici aussi.

      Pour l’instant, je m’éclate dans cette première année d’art. Je me suis fixée comme objectif d’être commissaire priseur. C’est un métier qui me plairait énormément d’exercer.

      Sortir du bac et être indécis n’est juste pas possible en France. En Amérique, ils peuvent se prendre une année sabbatique, pour se chercher. Chez nous, tu continues coûte que coûte.

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  5. Je viens de découvrir ton blog et je dois dire que cet article m’a beaucoup interpelé. Je me reconnais un petit peu dans ce que tu dis. Je viens tout juste d’avoir 18 ans, je suis en première année de fac d’anglais et ça fait plusieurs mois maintenant que je sais que je me suis complètement trompée d’orientation. C’est rassurant de savoir que d’autres sont passés par là et je partage complètement ton point de vue. Il y a, je pense, énormément de choses à changer dans le système.
    En tout cas je suis heureuse de savoir que les choses vont mieux pour toi ! Bonne continuation !

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    1. Merci beaucoup pour ton message.
      Tu t’en es rendue compte tôt que tu as fait une erreur. Personnellement, je me suis rendue compte que je fonçais droit dans le mur alors que j’entamais ma troisième année de droit. Cependant, il faut te dire que ce que tu as appris durant cette année n’est pas perdue. Sais-tu ce que tu comptes faire ?

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  6. J’ai l’impression qu’on nous oriente trop tôt ou trop tard.
    Certains ont une vraie vocation très jeune mais on leur impose de continuer leurs études. D’autres l’ont bien plus tard mais ont déjà commencé des études dans une autre branche.

    J’ai mis 4 ans à avoir un DEUG et 2 années de plus pour rater ma licence. Mais j’aime mon boulot, c’est l’essentiel finalement.

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